Jacques Copeau

Le jour où je sentirai mon pied faiblir sur le tréteau, le jour où la voix me manquera, où je ferai définitivement retraite entre ces trois collines d’où la vue s’étend jusqu’au Jura, je voudrais qu’à ce moment là quelque chose de moi continuât de courir le monde, quelque chose de plus robuste, de plus jeune et de plus grand que moi, dont il me fût permis de dire: c’est pour cela que j’ai travaillé.

Jacques Copeau
Jacques Copeau en 1917 (BN département des arts et spectacles)
C.Dullin, J. Copeau, A. Tollier, B. Albane, G. Roche, J. Lory, S. Bing, L. Jouvet, R. Carl, A. Karifa et Filou le chien.
1919, retour des Etats-Unis : Jacques Copeau entouré de Valentine Tessier, Blanche Albane, Paul Oettly, Jean Le Goff,  dans la cour du Vieux Colombier.

repères

1879 – 4 février : naissance à Paris, Faubourg Saint-Denis.

1887-1896 études au lycée Condorcet.

1902-1903 Séjour au Danemark, où il se marie avec Agnès Thomsen.

1903-1905 Début de l’amitié avec André Gide, Jean Schlumberger, Henri Ghéon. Travaille à la Galerie Georges-Petit et collabore à de nombreuses revues en tant que critique dramatique.

1907 Succède à Léon Blum comme critique dramatique à La Grande Revue.

1908 Fonde la Nouvelle Revue Française avec Gide, Ghéon, Schlumberger et André Ruyters.

1911 –  Avril : Première représentation au Théâtre des Arts des Frères Karamazov, d’après Dostoïevski, écrits avec Jean Croué, mise en scène d’Arsène Durec. Rencontre avec Charles Dullin et Louis Jouvet.

1913 – 23 octobre :  Fondation du Théâtre du Vieux-Colombier.

1915 Rencontres avec Edward Gordon Craig à Florence, avec Adolphe Appia et Emile Jaques-Dalcroze à Genève.

Novembre : premières expériences pédagogiques menées avec Suzanne Bing auprès d’enfants à Paris.

1917-1919 La compagnie du Vieux-Colombier s’installe aux Etats-Unis : deux saisons au Garrick Theatre de New York, où Louis Jouvet réalise un nouveau dispositif scénique.

1920 – Février :  Réouverture du Vieux-Colombier doté du dispositif fixe conçu avec Jouvet.

Mars Suzanne Bing ouvre des cours de diction et d’exercices dramatiques.

1921 – Novembre : Ouverture officielle de l’école du Vieux-Colombier.

1924 – Mai :  présentation des exercices de l’École et de Kantan de Zeami, mis en scène par Suzanne Bing. Fermeture du théâtre.

Septembre création d’une communauté théâtrale en Bourgogne, à Morteuil, qui réunit la plupart des élèves de l’École. Les paysans bourguignons les baptisent les Copiaus.

1925 Installation des Copiaus à Pernand-Vergelesses sur la Côte-d’Or. Retour à la religion catholique.

1927 Séjour aux Etats-Unis. Tournée des Copiaus en France, Belgique et Hollande.

1928 Tournée des Copiaus en Italie.

1929 – Mai : dissolution des Copiaus. Campagne de presse pour la nomination de Copeau au poste d’administrateur de la Comédie-Française. Commence à écrire Le Petit pauvre, pièce sur Saint François d’Assise.

1931 Publication des Souvenirs du Vieux-Colombier.

1933 – Mai : met en scènele Mystère de Santa Uliva dans le cloître de Santa-Croce à Florence.

1935 – Mai : met en scèneSavonarole sur la place de la Seigneurie à Florence.

1936 Nommé par le gouvernement du Front Populaire « conseillertechnique » pour la mise en scène à la Comédie-Française, avec Charles Dullin, Louis Jouvet et Gaston Baty, sous l’administration d’Edouard Bourdet.

1940- Mai : nommé administrateur ad interim de la Comédie-Française en remplacement d’EdouardBourdet, blessé. Sous la pression des occupants allemands, il accepte les démissions des comédiens juifs.

1941 – Janvier : confirmé dans ses fonctions par le gouvernement de Vichy, il est évincé de la Comédie-Française sous la pression des occupants allemands.

Publication du Théâtre populaire.

1943 Met en scène Le Miracle du pain doré dans la cour des hospices de Beaune.

1944 Publication du Petit Pauvre.

1949 – 10 octobre : décès aux Hospices de Beaune.

Chronologie établie par Marco Consolini et Raphaëlle Doyon, extraite de Jacques Copeau, Nouveaux Cahiers de la Comédie-Française, octobre 2014.

Voir aussi la brève biographie de Copeau par Claude Sicard, professeur émérite à l’Université de Toulouse-Le Mirail :

www.culture.gouv.fr/culture/actualites/celebrations.htm